Le livre
Selon toi raconte la passion fondatrice d’une adolescente pour le théâtre et la littérature, mais aussi la rencontre décisive avec une figure de transmission : Pascale Lemée, professeure, autrice et metteuse en scène. À l’automne 1995, Marielle Hubert a douze ans lorsqu’elle découvre, au Théâtre Gérard Philipe de Sartrouville, un atelier d’art dramatique animé par celle qui deviendra pour elle une présence essentielle. Cette rencontre agit comme une révélation et bouleverse durablement sa vie. À travers le récit de cette initiation artistique et affective, la narratrice retrace l’irruption du théâtre dans son quotidien de collégienne de banlieue et la manière dont la littérature ouvre soudain un espace de transformation, d’émancipation et de désir. Mais le livre est aussi une enquête sensible sur les traces laissées par celles et ceux qui nous construisent : que deviennent nos passeurs, nos mentors, nos éducatrices, lorsque le temps les efface ou les oublie ? Vingt-cinq ans plus tard, le 7 mars 2022, Marielle Hubert rompt un long silence pour annoncer à Pascale Lemée la publication de son premier roman. L’email lui revient instantanément : l’adresse n’existe plus. Entre récit d’apprentissage, hommage et réflexion sur la transmission, Selon toi interroge la puissance des rencontres artistiques et la mémoire de celles qui ont façonné des vies sans toujours laisser de traces. « J’ai écrit ce livre pour Pascale Lemée, au nom de l’amour que je lui porte. Et au nom de toutes les oubliées. »
L’auteure
Marielle Hubert est autrice et metteuse en scène. Après des études de lettres et de cinéma à la Fémis, elle devient comédienne au Théâtre de Sartrouville et des Yvelines, avant de diriger la compagnie de théâtre La Folie Nous Suit, à Lyon, jusqu’en 2015. Elle contribue à la revue littéraire Aventures, écrit de la poésie et des récits Ceux du noir et Il ne faut rien dire, publiés chez P.O.L. Sa plume poétique s’inspire de Marguerite Duras, Hervé Guibert ainsi que Thomas Giraud et Mathieu Riboulet.
« En 1995, j’attends qu’on vienne me chercher, que la vie commence, j’attends de rejoindre mon groupe d’appartenance, je sais déjà plus ou moins qu’il n’est pas constitué par les gens de l’école, présences de circonstances, j’ai l’impression qu’il existe un endroit, des gens, des façons d’être que je saurai reconnaître immédiatement comme étant les miens. Que pourrait donc se passer à Sartrouville, dans mon avenue ? Comment me rendre visible pourqu’on passe me prendre?
À lire : Selon toi, de Marielle Hubert, Éditions P.O.L, 2026