La photographe
Née en Californie, Diana Matar est une artiste et photographe américano-britannique connue pour ses travaux sur la mémoire, la disparition et les effets du pouvoir. Son travail mêle photographie, témoignages et archives pour explorer la manière dont l’histoire laisse des traces invisibles sur les individus et les paysages. Ses photographies ont été exposées dans de nombreuses institutions internationales, parmi lesquelles la Tate Modern, The British Museum ou encore le Musée de la Photographie de Charleroi. Elle est également l’autrice des ouvrages Evidence (2014) et My America (2024), ce dernier ayant été nommé pour plusieurs prix internationaux de photographie. Diana Matar enseigne la littérature comparée et l’histoire de l’art à Barnard College à New York affilié à Columbia University aux États-Unis.
La série Tête-à-Tête
» En 2019, j’ai été invitée en résidence d’artiste au Musée archéologique national de Naples, qui abrite une vaste collection d’antiquités grecques et romaines. J’y ai étudié des œuvres d’artistes, mais ce sont surtout les sculptures qui ont retenu mon attention. Face à face avec elles, ces figures classiques me semblaient animées et profondément contemporaines. J’ai photographié ces sculptures comme si elles étaient des êtres vivants. En les observant attentivement, j’avais le sentiment qu’elles collaboraient avec moi. Cette série Tête-à-Tête évoque un échange de confidences, une proximité sensible, un état de sympathie mutuelle. »
L’installation photographique au Parlement Wallon
Exposer ces photographies de sculptures antiques dans la cour du Parlement wallon n’est pas anodin. D’abord parce que ce bâtiment qui fut à l’origine un asile, puis un hospice, a été érigé sur un site archéologique. Ensuite, parce que c’est en lieu de pouvoir qu’il accueille aujourd’hui ces portraits de romains dont nous ne savons pour la plupart pas grand-chose, alors qu’ils ont dû être importants à leur époque. En cette période de confusion où l’image est la première arme des puissants, l’ensemble forme, nous semble-t-il, un « memento mori » bienvenu qui nous rappelle haut et fort l’inanité du pouvoir face au temps.
En écho, la commande littéraire et l’exposition au Théâtre (Petit Salon)
Dans Tête-à-Tête, Diana Matar parvient à révéler l’humanité de visages de pierre antiques dans un face-à-face intime, poignant et silencieux. Par ses photographies, elle transforme des objets historiques en présences sensibles, presque vivantes. Pour faire écho dans l’intime festival à ses remarquables images, nous avons invité les trois auteurs Hisham Matar, Célia Houdart et Karim Kattan à écrire à propos de l’une d’elles un texte court, ils seront lus lors de la discussion publique avec Diana Matar.
Ces textes seront présentés dans l’installation au Parlement wallon mais au coeur de l’intime festival dans l’exposition conçue autour du livre d’artiste Tête-à-Tête. Ce livre au tirage unique, que le public aura le privilège de consulter reprend l’ensemble de la série.