Marie Taillefer

Entretien

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Littérature

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Grande couronne

de Salomé Kiner

27 Aug 2021


16:45 — 17:45


Cour de l'école Notre-Dame
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LE LIVRE

En France, à la fin des années 1990, dans une ville de banlieue pavillonnaire, une adolescente regarde passer les trains qui filent vers Paris. Elle a des projets plein la tête : partir, devenir hôtesse de l’air et surtout, plus urgent, s’acheter des vêtements de marque. Mais comment faire quand on n’a pas assez d’argent de poche et que la vie dont on rêvait se révèle être un champ de cactus ? Car en attendant, sa famille vacille et ses repères sont chamboulés. Si l’adolescence est une ligne de crête menant à l’âge adulte, l’attachante héroïne de Grande Couronne s’y tient en équilibriste, oscillant entre le trivial et le terrible. Mais elle a une arme : une vision au laser grâce à laquelle elle dresse un tableau de son époque et de ses émotions aussi drolatique qu’impitoyable.

L’AUTEURE

Salomé Kiner est titulaire d’une maitrise de Lettres et diplômée du Centre de Formation des Journalistes de Paris (2009). Après des débuts comme chroniqueuse littéraire chez arte.tv, elle participe à la création d’une librairie numérique, Nabbu. En 2013, elle part au Mexique sur les traces de Malcolm Lowry et s’offre une série de reportages (Islande, Taiwan, Sarajevo, Berlin, Nouvelle-Orléans) avant d’intégrer la matinale du Mouv’ (Radio France) où elle présente pendant un an « Les Lectures de Salomé Kiner ». Aujourd’hui basée en Suisse, elle partage son temps entre l’animation littéraire (salons du livre, rencontres, festivals) et les reportages pour la presse écrite. Elle travaille notamment pour Le Temps et la RTS en Suisse et tient un blog, Palabres.

EXTRAIT

Mon problème, c’était les autres. Ça a toujours été les autres. Leurs yeux cireux de poissons morts sur vos moeurs particulières, la vénération des vies droites et la religion cathodique. Leurs pères, premiers sur les courts de tennis, leurs mères, toutes assistantes de direction. Leurs virées à Auchan, les allées de gravier brossé, le papier peint relief, les casseroles en cuivre assorties, les doubles bols olive-noyaux. Et la moquette dans les chambres a coucher. Chez moi, j’avais du lino gris chiné. C’est plus facile à nettoyer disait ma mère. Tu m’étonnes : même quand c’est propre, c’est sale.

A LIRE

Grande Couronne, Salomé Kiner, Edition Christian Bourgois, à paraître le 18 août

Entretien animé par Geneviève Simon, journaliste à La Libre. Extrait lu par Léa Romagny.