Philippe Vauchel © D.R.

Exercice d'admiration

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Autour d’Olga Tokarczuk

Par Philippe Vauchel

30 Aug 2020


12:30 — 13:30


Église Saint-Loup
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Le 12 septembre 2001, flânant dans une librairie, alors qu’il tentait attraper un exemplaire de Rainer Maria Rilke, une partie de l’oeuvre d’Olga Tokarczuk lui est tombée littéralement dans les bras : le comédien Philippe Vauchel ne s’en est jamais remis. Ébloui par les histoires de la lauréate du Nobel de Littérature 2018, il lui écrit :

(…) vos mots, vos silences, vos intimes et essentiels voyages entre l’homme et la réalité… (je suis) tellement heureux du partage de ces tremblements d’existence.

Merci pour toutes ces épopées qui nous emmènent bien au delà du côté rationnel et physique du monde.

Merci pour vos auscultations de notre condition, celle des humains que nous sommes, petits maillons fragiles entre les morts et ceux à naître…

Merci pour ce réalisme magique…

J’aime marcher dans chacun de vos livres, chacune de vos pages, chacune de vos phrases…et tout à coup ne plus trouver la frontière… La frontière entre le réel et l’imaginaire, entre le sacré et le profane, entre l’homme et la nature…

On dit de votre littérature qu’elle est une réflexion rêveuse sur le sens de la vie et l’altérité, parfois drôle, jamais méprisante. Je dis oui et encore oui !

Philippe Vauchel propose un exercice d’admiration autour de l’oeuvre de Olga Tokarczuk (en son absence), sur base d’une sélection minutieuse de ses textes et dans le cadre d’une discussion avec Jean-Marc Panis, journaliste culturel.

LE COMÉDIEN

Philippe Vauchel est auteur, metteur en scène, comédien inclassable et boulimique. La plupart des scènes belges l’ont accueilli ( Théâtre National, Théâtre du Rideau de Bruxelles,  Théâtre Royal des Galeries, Théâtre  Le Public, Théâtre de Namur…) dans un théâtre de répertoire. Roi du théâtre intimiste (on se souvient avec émotion de 3 secondes et demie, spectacle en appartement joué plus de 400 fois), il écrit aussi ses propres spectacles. Inquiet, généreux, comique, tendre et insomniaque, il se définit comme “le gitan de Marloie”. Son credo : «  Sur scène et dans la vie, être au sein de la mêlée »

L’AUTEURE

Olga Tokarczuk est une romancière et essayiste polonaise. Après avoir publié plusieurs recueils de poèmes, des romans et nouvelles, elle reçoit le Prix Nike en 2008 et le Prix international Man-Booker en 2018 pour son roman Les Pérégrins (2007). Elle publie ensuite Les Livres de Jakób, l’histoire de Jakób Frank, un chef religieux du XVIIIe siècle, à nouveau Prix Nike en 2015. Prix Nobel de littérature en 2018, elle se distingue par « une imagination narrative qui, avec une passion encyclopédique, représente le franchissement des frontières ».

 

EXTRAIT

La langue est le muscle le plus puissant du corps humain

« Il existe des pays où les gens parlent anglais. Mais ils ne le parlent pas comme nous qui avons notre propre langue, cachée dans nos bagages à main, dans nos trousses de toilettes. L’anglais, nous n’y avons recours qu’en voyage, à l’étranger et dans nos contacts avec des étrangers. Bien qu’il soit difficile de l’imaginer, l’anglais est la vraie langue de ces gens-là. Et, bien souvent, la seule! Ils n’en ont pas une autre sur laquelle se rabattre dans les moments de désarroi.

Comme ils doivent se sentir perdus dans un monde où tout est écrit dans leur langue ! »

 

À LIRE

Olga Tokarczuk, Les Pérégrins, traduit du polonais par Grazyna Erhard, Les Editions Noir sur Blanc, 2010