Philippe Jaenada © Astrid di Crollalanza

Petite lecture

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Rencontre

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La petite femelle

de Philippe Jaenada, projection de Valentine Fournier, lu par l’auteur.

29 Aug 2020


14:00 — 15:00


Église des Rédemptoristes
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Une rencontre avec Philippe Jaenada suit la petite lecture.

LE LIVRE

Pauline Dubuisson est condamnée en 1953 pour le meurtre de son ex-petit ami, traînée dans la boue par les journaux pour avoir couché, jeune femme, avec l’occupant allemand, tout en refusant après-guerre un destin de femme au foyer pour devenir médecin. La Petite Femelle retrace la quête obsessionnelle que Philippe Jaenada a menée pour rendre justice à Pauline Dubuisson en éclairant sa personnalité d’un nouveau jour. À son sujet, il a tout lu, tout écouté, soulevé toutes les pierres. Il livre un roman minutieux et passionnant, auquel, avec un sens de l’équilibre, il parvient à greffer son humour irrésistible, son inimitable autodérision et ses cascades de digressions.

L’AUTEUR

Philippe Jaenada est un tisseur d’histoire, un romancier-enquêteur qui n’a pas son pareil pour prendre les chemins de traverse. Son ami Richard Gaitet écrit à son propos : “Fils spirituel de Bukowski et de Jacques le fataliste, féru de courses hippiques ou de whisky écossais, allergique au voyage, mais ne se déplaçant jamais sans son sac matelot, Philippe Jaenada, est peut-être l’écrivain le plus drôle de France. Toujours vêtu de noir, il surgit en 1997 avec Le Chameau sauvage, sacré d’un prix de Flore, adapté au cinéma et premier volet d’une série de sept romans autobiographiques. Suivra un second cycle, en cours depuis 2013, composé d’enquêtes sur des affaires criminelles écrites à la première personne, riches en digressions improbables, tout en étant comme possédées par l’obsession de la vérité – fidèle à sa méthode dite du « tapir enragé ».

LA PLASTICIENNE

Depuis 2000, Valentine Fournier développe tout un art de la mise en scène et de la mise en page de photos anonymes et de photomatons des années 20 aux années 60. En lui posant la question de ses références littéraires, elle cite Philippe Jaenada. À partir d’un montage d’extraits choisis et lus par l’auteur, Valentine Fournier raconte à travers la projection d’une vingtaine de créations, accompagnée d’une illustration sonore, l’histoire de La petite femelle.

EXTRAIT

« Elle n’était que ça, une fille, autant dire pour eux presque rien, mais elle les a regardés droit dans les yeux, les vieux maîtres, vaillamment, irrévérencieuse, elle n’a jamais baissé la tête, ne s’est jamais tordu les doigts en sanglotant de honte, comme doit le faire une femme, elle n’a pas poussé de cris hystériques ni jamais ne les a suppliés de lui pardonner, et cette résistance frontale, cette insolence les a rendus fous. De rage. Ils l’ont vaincue, évidemment, ils l’ont détruite. »

À LIRE

Philippe Jaenada, La petite femelle, Éditions Julliard, 2015