Koen Broos

Petite lecture

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Le bois

de Jeroen Brouwers

28 Aug 2021


15:00 — 15:30


Théâtre de Namur — Grande Salle
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LE LIVRE

Dans un pensionnat franciscain aux Pays-Bas, au début des années cinquante, le frère Bonaventura est témoin des mauvais traitements imposés aux élèves par Mansuetus, le directeur. Un matin, il découvre qu’un des garçons manque à l’appel. Redoutant le pire, le jeune moine mène son enquête pour progressivement dévoiler tout un système reposant sur la violence et le sadisme. Roman sur la cruauté humaine et la possibilité d’y résister, Le bois dénonce les abus terribles de quelques-uns tout en interrogeant la part de responsabilité de chacun.

L’AUTEUR

L’œuvre de l’immense écrivain, journaliste et essayiste néerlandais Jeroen Brouwers, né à Batavia (l’actuelle Jakarta) ayant vécu entre la Belgique et la Hollande reste assez méconnue du public francophone. Elle nous était pourtant parvenue par un livre mémorable, Rouge décanté, (Prix Fémina) racontant les deux années passées par l’auteur pendant sa petite enfance dans les camps d’internement mis en place par le Japon dans les Indes néerlandaises, en 1942. Le bois, best-seller aux Pays-Bas, tient sans doute aussi d’une part autobiographique. Jeroen Brouwers a bien vécu dans un pensionnat dans les Pays-Bas des années 1950 ; ainsi donc, il n’aurait fait que changer de point de vue, donnant au frère Bonaventura les souvenirs de sa propre enfance ? À la peur, ce beau personnage répond par la vie, quittant la complicité pour le témoignage.

LE COMÉDIEN

Dirk Roofthooft marque la scène flamande et le théâtre européen. Dans Rouge Décanté, pièce culte de Jeroen Brouewers, mise en scène par Guy Cassiers, il montre toute l’étendue de son talent. Les plus grands – Jan Fabre, Ivo van Hove, Josse de Pauw, Wim Vandekeybus … font partie de ses compagnons de route.

EXTRAIT

J’étais déjà au monastère quand est survenue, au pensionnat, la brusque disparition d’un élève, en pleine année scolaire. Du jour au lendemain, il nous avait quittés, envoyé chez lui pour une raison qui n’a jamais été élucidée. (…) Comme si une fenêtre avait été ouverte pour laisser s’échapper la puanteur (…). Un élève peut donc disparaître par une fenêtre ouverte, mais jamais un de ces frères qui ont chacun mis au point leur propre méthode pour faire des élèves leurs instruments de plaisir.

A LIRE

Le bois, Jeroen Brouwers, traduction du néerlandais par Bertrand Abraham, Gallimard, 2020