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En l’absence de Jean-Claude Pirotte

29 Aug 2021


15:30 — 16:30


Cour de l'école Notre-Dame
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À l’occasion de la sortie du recueil posthume « Je me transporte » du poète namurois Jean-Claude Pirotte, une discussion autour de cette figure si libre et follement talentueuse qui a marqué sa ville avec Sylvie Doizelet, romancière et traductrice et Eric Piette, poète et ami. 

LE LIVRE

Dans les deux dernières années de sa vie, entre 2012 et 2014, Jean-Claude Pirotte a noirci quarante carnets. Rassemblés dans un recueil intitulé « Je me transporte partout », ces cinq mille poèmes sont là « pour durer toute une vie » comme le souligne Sylvie Doizelet à la tête de cette entreprise éditoriale : « Les quarante recueils correspondent en fait à autant de petits carnets bleu nuit, dans lesquels Jean-Claude écrivait. C’était fascinant, il se levait le matin, ouvrait un carnet, et commençait à écrire, parfois cinq, six poèmes par jour. Il n’y a pratiquement jamais de ratures ou de repentirs : le livre est la transcription exacte des carnets, sans ajouts ou retraits. »  

L’AUTEUR

Jean-Claude Pirotte (1939-2014) est né à Namur. Peintre, écrivain, flâneur, il a publié une soixantaine d’ouvrages alternant poésie, récits, romans. Il entre dans la famille des écrivains discrets et célébrés, comme Henri Calet ou son ami André Dhôtel. Avocat pendant onze ans, il a défendu les exclus, les délinquants, les pauvres, les immigrés. Choisissant la cavale plutôt que la prison, faussement accusé de complicité d’évasion d’un de ses clients, commence alors une vie d’errances et d’écriture. Il se réfugie en France, près de la frontière belge et en divers lieux, nouant de solides amitiés et défendant sa liberté jusqu’au bout. Son oeuvre a été saluée par de nombreux prix, notamment, en 2012, le Goncourt de la poésie pour l’ensemble de son oeuvre et le Grand Prix de poésie de l’Académie française.

EXTRAIT 

(…)
à ma table je dérive
comme si j’avais vingt ans
or j’approche l’autre rive
où ne comptant plus les ans

je m’accroche à ma lanterne
qui clignote et va s’éteindre
en passant par la Lorraine
alors que le vent m’éreinte
je me penche vers la page
en déchiffrant le mot fin
fin de moi fin des orages
fin du rêve fin du fin
(…)

A LIRE

Je me transporte partout, 5000 poèmes inédits (2012-2014), Jean-Claude Pirotte, Editions du Cherche-Midi, 2020

Un entretien animé par Mélanie Godin, éditrice et directrice des Midis de la poésie & de l’arbre de Diane. Extrait lu par Thierry Hellin.