Petite lecture

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Des milliers de lunes

de Sebastian Barry 

29 Aug 2021


14:45 — 15:30


Théâtre de Namur — Grande Salle
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La lecture de deux jeunes comédiens sortis cette année d’une école d’art dramatique.

LE LIVRE

Des milliers de lunes est la suite – bien que le roman se lise aussi de façon indépendante – du livre Des jours sans fin. Nous y retrouvons Winona Cole, la jeune orpheline indienne, recueillie et élevée par John Cole, son père adoptif, et son compagnon d’armes Thomas McNulty, dans la petite ville de Paris, Tennessee, quelques années après la Guerre de Sécession. Cette drôle de famille tente de joindre les deux bouts avec l’aide de deux esclaves affranchis, Tennyson Bouguereau et sa sœur Rosalee. Ils s’efforcent de garder à distance la brutalité du monde et leurs souvenirs du passé. Mais l’État du Tennessee est toujours déchiré par le cruel héritage de la guerre civile. Quand Winona, puis Tennyson, sont violemment attaqués par des inconnus, celle-ci décide de prendre la situation en main. Cette quête pour la justice révèlera les sombres secrets de son passé, et lui fera découvrir qui elle est vraiment. Magnifiquement écrit, vibrant de l’esprit impérieux d’une jeune fille au seuil de l’âge adulte, Des milliers de lunes est une sublime histoire d’amour et de rédemption.

L’AUTEUR

Sebastian Barry est considéré comme l’un des principaux auteurs irlandais contemporains. Il a été récompensé par de nombreux prix : régulièrement sélectionné pour le prestigieux Man Booker Prize, il est aussi le seul auteur à avoir remporté à deux reprises le Costa Book of the Year pour Des jours sans fin en 2018 dont on se souvient de la lecture d’ouverture à l’intime festival par Mathieu Amalric puis de la rencontre inoubliable avec l’auteur.

LES COMÉDIENS

Anaïs Moray et Simon Delvaux sont sortis en juin de l’IAD comme comédien.ne.

EXTRAIT

Je suis issue de ma plus triste histoire sur terre. Je suis l’une des dernières à savoir ce qu’on m’a pris, et ce qui existait avant qu’on me le prenne. Le poids de cette tristesse a fracassé bien des têtes. N’avez-vous jamais vu un Indien ivre, n’avez-vous jamais vu un Indien en haillons ? C’est ce qui se produit lorsqu’un roi est submergé par la tristesse. Mais pas seulement. Nous croyions n’être que richesse et merveille. Nous le savions, c’était comme ça. Nous savions combien il était possible d’être heureux en tant qu’enfant. Un monde bon pour un enfant est un monde bon, tout simplement. (…) Nous accordons une grande valeur à la vie. Mais les blancs avaient leur propre échelle de valeurs. Comme nous n’étions rien, nous tuer, c’était tuer rien, donc ça ne signifiait rien. Ça n’était pas un crime de tuer un Indien, parce qu’un Indien, ça n’était rien. Je sais toutes ces choses, c’est pour ça que je les écris.

A LIRE

Des milliers de lunes, Sebastian Bary, Editions Joëlle Losfeld, à paraitre le 19 août 2021