Anne-Cécile Vandalem - ©Laëtitia Bica

Grande lecture

|

Croire aux fauves

de Nastassja Martin, lu par Anne-Cécile Vandalem

30 Aug 2020


19:00 — 20:00


Cathédrale Saint-Aubain
Réserver

Une rencontre avec Nastassja Martin suit la petite lecture.

LE LIVRE

Experte des populations arctiques et férue d’animisme, l’anthropologue française Nastassja Martin livre le récit de l’expérience qui a bouleversé sa vie : la rencontre, dans les montagnes du Kamtchatka (Extrême-Orient russe), avec un ours qui l’a défigurée. Malgré les épreuves, elle présente cet événement comme une rencontre qui lui a permis d’approfondir ses réflexions anthropologiques et son attachement aux peuples arctiques qu’elle étudie. En digne élève de Philippe Descola, elle explore les zones imprécises où l’humain et le non-humain dialoguent, mondes de l’animisme, du chamanisme, que la pensée rationnelle peine à cerner. Croire aux fauves est le récit intense et déroutant, d’une renaissance

L’AUTEURE

Nastassja Martin est anthropologue diplômée de l’EHESS et spécialiste des populations arctiques. Elle est l’auteure d’un essai, tiré de sa thèse de doctorat dirigée par Philippe Descola : Les Âmes sauvages. Face à l’Occident, la résistance d’un peuple d’Alaska (La Découverte, 2016 ; prix d’Histoire de l’Académie française 2017) ainsi que d’un documentaire en cours, co-réalisé avec Mike Magidson, Tvaïan.

ACTRICE

Anne-Cécile Vandalem est actrice, auteure et metteuse en scène, formée au Conservatoire royal de Liège. En 2008, elle fonde Das Fräulein (Kompanie) et crée (Self) Service, Habit(u)ation et After the Walls (Utopia). Mélange des genres, pluralité des médiums. Son univers tragi-comique, proche du cinéma, raconte des drames intimes, des fictions engagées, des histoires oniriques. Après Tristesses qui avait rencontré un très grand succès au Festival d’Avignon en 2016, Arctique poursuit un cycle sur les échecs de l’humanité.

EXTRAIT

« Je crois qu’enfants nous héritons des territoires qu’il nous faudra conquérir tout au long de notre vie. Petite, je voulais vivre parce qu’il y avait les fauves, les chevaux et l’appel de la forêt ; les grandes étendues, les hautes montagnes et la mer déchaînée ; les acrobates, les funambules et les conteurs d’histoires. L’antivie se résumait à la salle de classe, aux mathématiques et à la ville. Heureusement, à l’aube de l’âge adulte, j’ai rencontré l’anthropologie. Cette discipline a constitué pour moi une porte de sortie et la possibilité d’un avenir, un espace où m’exprimer dans ce monde, un espace où devenir moi-même. Je n’ai simplement pas mesuré la portée de ce choix, et encore moins les implications qu’allait entraîner mon travail sur l’animisme. À mon insu, chacune des phrases que j’ai écrites sur les relations entre humains et non-humains en Alaska m’a préparée à cette rencontre avec l’ours, l’a, en quelque sorte, préfigurée. »

À LIRE

Nastassja Martin, Croire aux fauves, Verticales, Gallimard, 2019